Crise des confitures : pourquoi la pénurie frappe les supermarchés
Les consommateurs ont sûrement déjà remarqué une baisse de disponibilité des pots de confiture dans les rayons des supermarchés, ainsi qu’une augmentation de leur prix. Ce phénomène s’explique par une situation complexe qui débute dans les vergers européens et se reflète directement sur l’étiquette du pot de confiture.
La pénurie de confitures en grande distribution trouve ses origines dans une récolte 2025 particulièrement décevante, qualifiée de « la pire depuis 40 ans » par un professionnel. Moins de fruits disponibles pour les usines, des tensions entre industriels et distributeurs, ainsi que des recettes qui peuvent évoluer, expliquent cette pénurie. Ce n’est pas simplement une conséquence du mauvais temps.
Une baisse de la récolte de fruits, premier facteur
Les difficultés commencent dans les champs de fruits rouges d’Europe centrale et orientale. En Pologne, les fraises ont souffert d’un gel tardif et de pluies répétées, ce qui a divisé par deux leur production. En Serbie, la sécheresse exceptionnelle a duré 40 jours sans pluie, impactant les framboises. Les cerises griottes, très utilisées en confiture, sont également en faibles quantités.
Les fruits cultivés en France ne compensent pas ces pertes. « Les fruits produits en France sont principalement destinés au rayon frais, c’est une question de calibrage », explique la journaliste Maud Descamps. Les usines de transformation, qui fabriquent confitures, compotes ou produits surgelés, dépendent fortement des fruits importés d’Europe. Quand leur volume diminue, les acheteurs doivent payer plus cher ou réduire leur production, ce qui se ressent immédiatement dans le rayon des confitures.
Fruits rouges en tension et hausse des prix des pots
Les fruits rouges, très appréciés des consommateurs français, sont particulièrement touchés. La fraise, la framboise, la cerise griotte ou le cassis coûtent déjà plus cher à l’achat pour les fabricants. « La hausse des prix se fera sentir dès septembre », indique Maud Descamps.
Selon FranceAgriMer, environ 70 % des ménages achètent de la confiture, en moyenne 2,5 kg par an, soit près de huit pots par foyer. Avec une offre moins variée, on observe des ruptures de stock, moins de parfums disponibles, et la disparition de certains formats. Aujourd’hui, le prix d’un pot oscille entre 1,20 € et 3,50 € selon le fruit, et une hausse annuelle d’environ 5,4 % est enregistrée pour l’ensemble des produits à base de sucre, confiture et miel en 2025.
Une réduction potentielle de la quantité de fruits dans les recettes
Pour limiter l’impact économique, certaines marques pourraient réduire la quantité de fruits dans leurs confitures. Maud Descamps conseille aux consommateurs de bien lire les étiquettes, notamment la part de fruits indiquée. Face à la hausse des coûts, certains fabricants pourraient diminuer la quantité de fruits, augmenter la part de sucre ou ajouter des arômes, tout en maintenant des prix attractifs.
Une confiture de qualité doit contenir une proportion élevée de fruits avec une quantité de sucre clairement indiquée. L’association de consommateurs CLVC a récemment critiqué certaines confitures dont l’origine de 64 % des fruits n’était pas précisée. La mention de l’origine, notamment avec le dispositif Origin’Info, doit améliorer cette transparence. Il est donc important pour le consommateur de vérifier des mentions telles que :
- « préparé avec X g de fruits pour 100 g de produit » ;
- la teneur totale en sucres ;
- l’origine précise des fruits si elle est indiquée.
Face à une offre plus limitée, il est conseillé de privilégier les pots mentionnant une origine France, de tester des confitures plus riches en fruits, ou de se tourner vers des alternatives comme les compotes sans sucres ajoutés ou les purées 100 % fruits. Certains peuvent aussi choisir de faire leur propre confiture maison avec des fruits de saison ou surgelés, afin de continuer à profiter d’un petit plaisir matinal malgré les difficultés de récolte.



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