Beurre : Ce que vous ignorez vraiment sur vos achats quotidiens

Au rayon frais, de nombreux consommateurs achètent une plaquette de beurre sans prêter attention à l’étiquette. Selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL), la moyenne d’achat de beurre par Français en 2023 s’élève à 2,75 kg. Un geste simple, répété par des millions de personnes chaque semaine, mais qui mérite d’être examiné de plus près.

Entre les mentions « sans additif » et « à teneur réduite en matières grasses », la frontière devient parfois floue pour le consommateur. Certains produits, commercialisés comme « beurre doux » ou « beurre léger », ne seraient en réalité pas de vrais beurres.

Trois références pointées du doigt par 60 Millions de consommateurs

Le magazine 60 Millions de consommateurs a identifié trois références vendues en supermarché à éviter en 2024. Selon leur enquête, ces produits ne répondent pas aux critères officiels du vrai beurre et ressemblent davantage à des matières grasses allégées ou à des produits ultra-transformés. Mais qu’est-ce qu’un vrai beurre selon la réglementation ?

Le règlement européen de 1994 stipule que pour pouvoir porter le nom « beurre », un produit doit contenir entre 80 et 90 % de matières grasses laitières, jusqu’à 16 % d’eau et 2 % de matières sèches non grasses. En dessous de 80 %, il ne s’agit plus de beurre, mais de « matière grasse laitière allégée ». Les produits avec un taux de matières grasses autour de 60 % entrent dans la catégorie « beurre allégé », tandis que ceux autour de 40 % sont considérés comme « beurre léger ».

Selon le magazine, le beurre léger est un produit fortement transformé. La majorité des beurres, environ 90 %, sont fabriqués à partir d’un procédé industriel appelé butyrateur, tandis que seulement 10 % sont obtenus par maturation de la crème en baratte. Bien que le label AOP garantisse une origine géographique et un savoir-faire, il ne certifie pas l’absence de transformation industrielle.

Marques concernées : E.Leclerc, Elle & Vire et autres

Le premier produit visé est le « beurre doux » ou « beurre demi-sel » Eco+ vendu chez E.Leclerc, qui ne contient que 60 % de matières grasses. La mention « à teneur réduite en matières grasses, 60 % » apparaît discrètement sur l’emballage, ce qui peut prêter à confusion. En cuisine, ce produit, riche en eau, se comporte davantage comme une margarine que comme un beurre traditionnel.

Autre exemple, les beurres légers 40 % Les Croisés, également vendus par E.Leclerc, contiennent des additifs tels que amidon modifié de manioc, émulsifiants, épaississants et conservateurs. Selon le magazine, ces additifs pèsent lourd dans la composition. Le médecin Jimmy Mohamed s’inquiète des effets potentiels sur la santé.

Enfin, le beurre doux léger 41 % d’Elle & Vire contient de la fécule, alors que son emballage indique « sans additif », créant une confusion entre un vrai beurre allégé et une préparation laitière retravaillée.

Comment bien choisir son beurre en supermarché ?

Pour faire le bon choix, il faut d’abord vérifier le pourcentage de matières grasses. Un beurre conforme doit contenir environ 80-82 %. Un produit avec 60 % de matières grasses est un beurre allégé, et à 40 %, un beurre léger, souvent plus transformé.

Ensuite, il est conseillé de lire la liste des ingrédients. Elle doit se limiter à « crème » ou « lait », éventuellement « sel ». La présence d’additifs comme E471, E466 ou E202 indique un produit ultra-transformé. Les mentions « baratte » ou un label AOP peuvent guider vers des produits de meilleure qualité, mais ne garantissent pas l’absence de procédés industriels. Une lecture rapide de l’étiquette suffit pour faire un choix éclairé au rayon frais.

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