Attention aux produits protéinés ultra-transformés en rayon
Les rayons des supermarchés sont désormais remplis de produits affichant des mentions telles que « High Protein » ou « Protein+ ». Il peut s’agir de boissons lactées, de barres chocolatées ou de salades toutes prêtes. Cependant, une enquête publiée le 22 septembre 2026 par l’ONG Foodwatch met en garde contre certains de ces produits.
Foodwatch, qui milite pour une plus grande transparence dans l’alimentation, a identifié dix références de produits protéinés très transformés. Selon l’organisation, ces produits sont en réalité tous ultra-transformés, malgré leur promesse de richesse en protéines. Elle dénonce des recettes souvent chargées en additifs et ingrédients industriels, peu bénéfiques pour la santé.
L’ONG rappelle que la consommation excessive de produits ultratransformés peut avoir des effets négatifs sur la santé. Elle critique aussi la stratégie marketing qui met en avant la teneur en protéines, tout en omettant de mentionner la présence de sucres, édulcorants ou épaississants. De plus, ces produits coûtent souvent plus cher que leurs alternatives classiques, sans offrir un avantage nutritionnel clair. L’alerte souligne également qu’un bon score Nutri-Score ne garantit pas l’absence d’ultra-transformation.
Les risques liés aux produits protéinés ultra-transformés
Les étiquettes « riche en protéines » rassurent souvent les consommateurs, notamment ceux qui veulent préserver leur masse musculaire ou se sentir rassasiés. Pourtant, parmi les dix produits analysés, Foodwatch relève la présence d’ingrédients comme « amidon modifié », « gomme gellane » ou « sirop de glucose », ainsi que des listes d’ingrédients longues. Un aliment ultra-transformé est un produit industriel composé de nombreux ingrédients peu courants en cuisine maison, classé en groupe 4 dans la classification NOVA.
Parmi les additifs cités, les carraghénanes (E407) servent d’épaississants et gélifiants, tandis que des édulcorants comme l’acésulfame-K (E950) remplacent partiellement le sucre. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a indiqué, dans un avis du 10 septembre 2026, que cet édulcorant ne présente pas de problème de sécurité aux niveaux d’utilisation actuels. Cependant, cette position a suscité la colère de plusieurs ONG.
Par ailleurs, des études de l’Inserm de 2024 suggèrent un lien possible entre la consommation de certains émulsifiants et un risque accru de cancers du sein et de la prostate. Ces études ne concluent pas à une causalité, mais soulèvent des questions.
Une sélection de produits à surveiller
L’enquête s’est concentrée sur des aliments du quotidien. Elle cite notamment une boisson chocolatée de Starbucks, le Chocolate Mocha Protein Drink, qui contient de l’acésulfame-K et des carraghénanes. Elle mentionne aussi une boisson protéinée au soja de la marque Alpro, appartenant au groupe Danone, avec des phosphates de potassium. Une salade « penne complètes, poulet rôti, emmental, amandes » de Carrefour, sous l’étiquette « High Protein », contient du disulfite de potassium (E224). Plusieurs autres produits, comme des barres ou des yaourts, présentent des teneurs élevées en sucres, malgré leur image sportive.
- Boisson chocolatée Starbucks Chocolate Mocha Protein : édulcorant acésulfame-K et carraghénanes.
- Boisson protéinée Soja Alpro (Danone) : phosphates de potassium.
- Salade High Protein Carrefour : disulfite de potassium (E224).
- Barres Protein chocolat & cranberries Nature Valley, céréales Lion Protein, lait protéiné Lactel : riches en sucres selon l’ONG.
- Produits comme Wasa Protein+, boissons Hipro myrtille (Danone), yaourt protéiné Myrtille Délisse Sport, gourde Whey & fruits tropical Andros Sport : contiennent des pectines de fruits, marqueurs d’ultra-transformation.
Comment repérer un produit ultra-transformé en magasin ?
Pour éviter d’acheter des produits ultra-transformés, quelques astuces sont utiles. Une liste d’ingrédients très longue, la présence d’amidons modifiés, de gommes (gellane, guar, xanthane), de sirops de glucose ou de pectines indique une fabrication industrielle poussée. La mention d’additifs comme les carraghénanes (E407), l’acésulfame-K (E950) ou le disulfite de potassium (E224) est également un signe. Le Nutri-Score, quant à lui, donne une idée de l’équilibre en graisses, sucres et sel, mais ne renseigne pas sur le degré de transformation du produit.
Face à cela, l’ONG Foodwatch recommande l’obligation d’un étiquetage clair indiquant le niveau d’ultra-transformation, en complément du Nutri-Score. Cela permettrait aux consommateurs de faire des choix éclairés entre aliments peu ou très transformés.
Elle dénonce aussi le coût élevé de ces produits, qui représente une « double peine pour notre santé et notre porte-monnaie », selon Léa Redon, chargée de campagnes. L’objectif est de permettre à chacun de choisir en toute connaissance de cause entre des aliments simples, comme les légumineuses, les œufs ou les yaourts nature, et des produits hyper-protéinés issus de la grande industrie.



Laisser un commentaire