Pourquoi les fruits sont placés à l’entrée des supermarchés
Pourquoi les fruits sont-ils placés dès l’entrée des supermarchés ?
En entrant dans un supermarché, on est souvent accueilli par un rayon de fruits et légumes, avec des odeurs de mandarines et des montagnes de tomates. Ce choix n’est pas anodin. Il s’agit d’une stratégie de merchandising visant à influencer le comportement des clients et à augmenter le chiffre d’affaires.
Ce qui se passe dans les premières minutes après l’entrée est crucial. On parle de la « zone de décompression », qui s’étend sur 3 à 5 mètres. C’est le moment où vous attrapez un chariot, rangez votre sac, et où votre regard s’adapte à la lumière. Pendant ce court laps de temps, vous n’êtes pas encore concentré sur les prix, mais vous êtes sensible à l’aspect frais et sain des produits présentés. C’est dans cette phase que le magasin donne le ton de votre visite.
Un décor qui influence le cerveau
Les enseignes placent donc immédiatement le rayon fruits et légumes à l’entrée pour utiliser un mécanisme d’amorçage. Les couleurs vives, les odeurs, les textures et parfois la brumisation préparent votre cerveau à associer ce lieu à la fraîcheur et à la qualité. Dans la plupart des hypermarchés, ce rayon représente entre 10 et 15 % de la surface totale, tout en captant presque tout le flux entrant.
Ce rayon est soigneusement conçu : température autour de 10 à 12 °C, éclairage chaud, meubles en bois, pyramides d’agrumes bien pleines. Tout est pensé pour évoquer un marché de quartier et une alimentation saine, comme le souligne le site Marmiton. En remplissant votre chariot de produits frais dès l’entrée, votre cerveau libère de la dopamine, ce qui vous donne la sensation d’avoir fait ce qu’il fallait pour votre santé. Cette impression de « licence morale » rend plus discrète la tentation de certains produits moins sains, comme les biscuits ou les glaces.
Une vitrine très rentable pour le magasin
Placer les fruits en tête de gondole n’est pas seulement une question d’image. Ce rayon représente aussi une importante source de revenus. Selon Marmiton, il génère en moyenne 6 à 8,5 % du chiffre d’affaires d’un hypermarché, et jusqu’à 30 à 35 % du secteur frais, voire 40 % au printemps. Dans environ deux tiers des magasins, ce rayon est situé à l’entrée, car 87 % des consommateurs considèrent la fraîcheur comme un critère déterminant dans leur choix d’enseigne. Une vitrine de qualité qui donne une première impression positive du magasin.
Comment ne pas se laisser influencer
Le parcours dans le magasin n’est pas neutre. Dès le début du XXe siècle, le premier supermarché Piggly Wiggly a été conçu comme un labyrinthe pour faire passer les clients devant un maximum de rayons et éviter les zones « froides ». Les grands chariots, d’environ 200 litres, accentuent cette tendance : plus ils sont vides, plus on a tendance à en ajouter. Les petits commerces, avec moins d’espace, ne suivent pas toujours cette logique, mais la majorité des supermarchés l’adoptent.
Connaître cette mécanique permet de mieux la maîtriser. Voici quelques conseils pour faire ses courses sans se laisser trop influencer :
- Établir une liste séparant les « essentiels » et les « plaisirs » et s’y référer en sortant du rayon frais.
- Fixer un budget ou une limite de produits « coup de cœur » pour les snacks et desserts.
- Prendre un panier ou un petit chariot plutôt qu’un grand modèle.
- Prendre 10 secondes pour réfléchir avant d’ajouter un produit très sucré ou gras, afin de vérifier si vous en avez vraiment envie.
- Faire un rapide contrôle du contenu du chariot à la fin des courses : si la partie « plaisirs » déborde, laisser quelques articles de côté sans culpabiliser.
Sources
- Marmiton
«Pourquoi les fruits et légumes sont-ils toujours à l’entrée du supermarché ? Le secret psychologique dévoilé»



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