Le BHV Du Marais en redressement: Brookfield dans le collimateur
Le grand magasin BHV Marais demande son placement en redressement judiciaire
En difficulté financière depuis plusieurs mois, le magasin parisien BHV Marais a annoncé être en redressement judiciaire. Selon la direction, le bailleur Brookfield n’aurait pas versé les indemnités dues.
L’établissement espère se relever. Le grand magasin parisien BHV Marais, qui traverse de nombreux revers ces derniers mois, a annoncé mardi 27 octobre son placement en redressement judiciaire. L’objectif est de «sécuriser son plan de relance» afin de «préserver l’activité et l’emploi».
Le président des lieux, Karl-Stéphane Cottendin, accuse le bailleur de ne pas avoir versé les indemnités dues en échange de la restitution de la moitié des murs. Le projet de relance souhaité par la direction «s’appuie sur un plan d’investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur, au printemps, de plus de la moitié du magasin», indemnités qui «n’ont pas été versées», est-il précisé dans un communiqué de presse.
Le grand magasin fondé en 1856 restera ouvert, a précisé la direction de l’enseigne qui emploie 700 personnes, selon des chiffres de septembre.
une trésorerie manquante
Karl-Stéphane Cottendin a repris le BHV Marais en juin mais «ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due», selon ce même communiqué. «La relance devait être lancée dès l’été avec ces fonds : réassortir, réaménager le périmètre conservé, reprendre la parole auprès des clients» mais «sans ces fonds, elle n’a pas pu l’être».
Le magasin a également pâti des émeutes ayant frappé Paris lors des manifestations contre la vie chère. Le rez-de-chaussée du magasin a été pillé. «Deux chantiers (sont) nécessaires : d’une part, les investissements de la relance, d’autre part le traitement du passif». Cette procédure «est, pour le BHV, le cadre de la relance, pas son échec», assure le grand magasin.
«Il gèle le passif antérieur et ordonne son traitement, sans oublier personne» et «protège les marques et les fournisseurs qui reviennent, payés à échéance et avec la priorité que la loi leur accorde». En outre, «il donne une autorité et un calendrier pour faire exécuter les accords signés par le bailleur et les inscrire dans le plan», poursuit la direction du magasin.
le bailleur nie
L’inspection du travail suspecte l’établissement, revendu à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants, d’être en cessation de paiements, ce que conteste la direction.
De son côté, le bailleur Brookfield réfute toute responsabilité. «Brookfield dément catégoriquement devoir une quelconque somme au BHV à ce jour», indique le fonds canadien dans une déclaration transmise à l’AFP.
«Conformément au contrat de bail signé par les deux parties le 27 janvier 2026, le paiement des indemnités ne peut intervenir qu’à l’issue d’une restitution conforme des locaux et de leur mise en conformité par le BHV. Cette obligation n’est à ce stade pas remplie».
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