Licenciée pour 8,83 € elle gagne son combat judiciaire Face a Carrefour

Une employée espagnole de Carrefour gagne son procès après un licenciement pour un coupon de 8,83 €

Une employée de Carrefour en Espagne, licenciée pour l’utilisation présumée d’un bon de réduction de seulement 8,83 €, a obtenu gain de cause devant la justice. Après plus de quinze ans passés à travailler dans un hypermarché de la province de Cadix, son licenciement disciplinaire a été reconnu comme abusif.

La justice espagnole lui a permis de choisir entre sa réintégration ou le versement d’une indemnité de 27 775,91 €, en plus des frais de justice. Cette affaire soulève la question de la limite entre suspicion et preuve concrète d’une faute grave dans le cadre d’un licenciement.

Les faits et le contexte

Selon le site espagnol NoticiasTrabajo, la salariée a été embauchée le 24 novembre 2005 dans un hypermarché Carrefour de Cadix. Elle occupait le poste de vendeuse puis de caissière. Lorsqu’elle a été licenciée, elle travaillait dans un secteur où les règles sur les remises étaient très strictes.

En mars 2021, elle a encaissé une cliente dont l’achat a généré un coupon de 8,83 € lié au programme Club Carrefour. Quelques jours plus tard, ce même bon a été utilisé dans une autre transaction. La direction a alors suspecté l’employée de s’être approprié cette réduction, réservée à la cliente, et a décidé de la licencier pour faute grave en mai 2021, en se basant sur le règlement intérieur.

Le déroulement judiciaire

Contestant cette décision, la salariée a saisi le tribunal du travail de Jerez de la Frontera. En 2023, le tribunal a considéré que le licenciement était abusif, estimant qu’il n’y avait pas de preuve suffisante pour justifier la faute grave. La justice a souligné que Carrefour n’avait pas apporté d’éléments probants pour prouver que l’employée s’était approprié le bon de réduction.

Les images de vidéosurveillance produites par Carrefour étaient floues et ne permettaient pas d’identifier clairement la salariée. De plus, aucun paiement lié à sa carte bancaire n’a pu être retrouvé, et le ticket de caisse ne comportait pas de numéro de membre du programme Club Carrefour. La décision a été confirmée en appel par le Tribunal Superior de Justicia d’Andalousie en mars 2026.

Les conséquences financières pour Carrefour

Le tribunal a laissé à Carrefour deux options : réintégrer l’employée avec le paiement de ses salaires depuis 2021, ou lui verser une indemnité unique de 27 775,91 €, à laquelle s’ajoutent environ 500 € de frais de justice plus TVA.

Ce montant est bien supérieur à la valeur du bon de réduction, qui n’était que de 8,83 €. La décision rappelle que pour justifier un licenciement pour faute grave, l’employeur doit apporter des preuves concrètes. En Espagne comme en France, un simple soupçon, même appuyé par le règlement intérieur, ne suffit pas à justifier la perte d’un emploi.

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