Des Commerçants en colère veulent afficher les visages des voleurs

Les commerçants demandent une législation pour afficher les visages des voleurs

Face à la recrudescence des vols dans leurs magasins, des commerçants se mobilisent. Ils ont créé le collectif « Ras le vol » pour lutter contre ce fléau, notamment en diffusant les visages des voleurs sur les réseaux sociaux et dans leurs boutiques. Cependant, cette pratique est aujourd’hui interdite en France, et la Cnil, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, cherche à faire cesser ces actions.

Le collectif « Ras le vol » a annoncé qu’il faisait l’objet d’un contrôle de la Cnil. Il dénonce une attitude trop zélée de l’organisme. Jérôme Jean, président du collectif, affirme que la Cnil mène une enquête alors qu’il est difficile d’enquêter sur les voleurs eux-mêmes. Il déplore que la priorité semble être la surveillance des commerçants qui affichent les visages des criminels.

Une méthode controversée mais jugée nécessaire

Jérôme Jean explique que cette méthode dissuade les voleurs et sert d’outil préventif, surtout lorsque les enquêtes policières n’aboutissent pas. Selon lui, les commerçants sont souvent victimes de vols quotidiens, que ce soit par des individus isolés ou par des groupes organisés. Il dénonce aussi le manque d’intervention des forces de l’ordre, qui selon lui, se déplace de moins en moins en raison du manque de moyens.

Pour un commerçant sur quatre, ces vols représentent une perte d’environ 10 000 euros par an. La plupart des assurances ne remboursent pas ces pertes, ce qui laisse les commerçants démunis. Jérôme Jean insiste sur la nécessité d’un renforcement des moyens pour la police et d’une justice plus ferme. Il déplore qu’aujourd’hui, pour des infractions inférieures à 200 euros, il n’y ait plus de condamnation réelle.

Un cadre législatif pour l’affichage des visages réclamé

Le collectif demande la mise en place d’un cadre légal permettant aux commerçants d’afficher légalement les visages des voleurs. En mars 2024, un député du Modem, Romain Daubié, avait déposé une proposition de loi dans ce sens. Cependant, deux ans plus tard, rien n’a abouti. Jérôme Jean appelle donc les responsables politiques et les candidats à la présidentielle à agir rapidement.

« Nous demandons la mise en place d’un cadre légal qui puisse permettre aux commerçants et aux artisans, et pas à tout le monde, de diffuser dans un cadre légal le visage des auteurs des vols », déclare-t-il.

Actuellement, la loi n’autorise l’affichage des visages que si la personne voilée y consent. Jérôme Jean dénonce cette situation en affirmant que la loi favorise davantage les voleurs que les victimes. Il insiste aussi sur l’urgence d’agir, car le nombre de vols a explosé, passant de 300 signalements en juillet-août l’année dernière à plus de 2 700 cette année, soit une augmentation de 800 %.

Des sanctions potentielles et un appel à l’action

Le collectif rappelle que la diffusion des visages peut entraîner des sanctions pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel du commerçant concerné. Malgré cela, il estime qu’il faut agir, car la situation devient critique. La gendarmerie et la police, selon eux, n’interviennent plus suffisamment, et la justice ne condamne plus systématiquement les voleurs.

Le président de « Ras le vol » insiste sur le fait que les autorités doivent adopter un cadre législatif clair. Il souligne que l’augmentation des vols est exponentielle, avec une croissance alarmante cette année.

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