Crise Agricole : La Canicule Révolutionne Nos Supermarchés
La canicule des derniers mois a eu de lourdes conséquences sur l’agriculture, affectant directement ce que l’on trouve dans nos supermarchés. La baisse des précipitations et l’augmentation des températures se traduisent par des changements visibles dans la qualité et la taille des produits.
Dans les rayons, on remarque notamment des chips plus petites, des fruits cabossés ou encore des fromages plus pâles. Ces modifications ne se limitent pas à l’apparence ou au prix : la sécheresse influence aussi le goût et la texture des aliments.
Une année difficile pour les agriculteurs
Les agriculteurs décrivent une année « hors normes », avec des récoltes en baisse et des produits souvent plus petits. On observe ainsi des poires biscornues, des haricots minuscules, des salades rases, ainsi que des œufs et des pommes de terre de petit calibre. Selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, il n’y a pas de pénurie générale, mais des tensions ponctuelles et des hausses de prix, surtout pour les fruits et légumes frais.
Impact sur les fruits et légumes
Les conséquences de la sécheresse se font d’abord ressentir dans les rayons dédiés aux fruits et légumes. Daniel Sauvaitre, arboriculteur en Charente et président d’Interfel, explique que cette année est marquée par une combinaison de sécheresse et de records de température. Résultat : pommes décolorées, poires tordues, courgettes griffées deviennent courantes. Les enseignes adaptent leurs critères : Auchan indique qu’il est possible de trouver des salades ou des tomates avec des calibres plus petits ou des traces de griffures, sans que cela n’altère la saveur. Carrefour accepte également des laitues de 300 g au lieu de 350 g.
Les salades en sachet, en particulier celles de la quatrième gamme, sont aussi très affectées. La production de roquette, mesclun ou feuille de chêne diminue fortement, voire disparaît par moments. Un maraîcher explique que normalement, une salade doit représenter dix fois ce qu’elle est actuellement. La coopérative Prince de Bretagne signale la perte de 400 tonnes de salades par semaine, car ces feuilles très fines supportent mal la chaleur et le manque d’eau, ce qui limite leur volume et entraîne une hausse des prix.
Chips, œufs et fromages touchés par la sécheresse
Les pommes de terre, utilisées pour les frites, rétrécissent également. Lors d’une visite sur ses parcelles, l’agriculteur belge Mathieu Comijn montre une pomme de la taille d’une balle de ping-pong, alors qu’elle devrait être quatre fois plus grosse. Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, prévoit que les frites seront plus petites : le volume dans le cornet sera réduit d’environ trois à quatre centimètres. Quant aux chips, leur taille sera également plus petite, mais cela ne devrait pas affecter leur saveur, rassure le producteur Martial Mazingarbe.
Les élevages d’œufs souffrent aussi. La canicule a tué environ 700 000 poules pondeuses, et les poules restantes produisent moins d’œufs, souvent plus petits, explique Alice Richard, du CNPO. Les fromages AOP comme le reblochon, l’abondance ou le comté, produits avec moins d’herbe au pâturage, ont tendance à être plus pâles, plus fermes et moins aromatiques, selon France Info.
Vins plus alcoolisés
Du côté de la viticulture, la production a diminué cette année. Les raisins plus sucrés donnent des vins et champagnes plus alcoolisés. Le Comité Champagne a obtenu, en septembre, la possibilité de commercialiser des vins avec jusqu’à 15 % d’alcool, un degré qui invite à modérer la consommation, surtout lors des fortes chaleurs.



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