Grand Frais Circuit Court : Ce que cette mention cache vraiment
Grand Frais : ce que signifie réellement la mention « circuit court »
Dans ses magasins, l’ambiance rappelle une halle de marché, avec des ardoises manuscrites pour présenter les produits. Lorsqu’elle affiche le slogan implicite « Grand Frais circuit court », beaucoup de clients pensent que cela signifie que les fruits et légumes proviennent directement de producteurs situés à quelques kilomètres. En réalité, cette mention est plus technique qu’illustrative d’un mode de production local.
En achetant des tomates ou des salades sous l’étiquette « circuit court », vous réduisez le nombre d’intermédiaires. Cependant, cela ne garantit pas forcément que les produits viennent près de chez vous en termes de distance. Derrière cette démarche se cache une filière structurée, encadrée par la réglementation française sur les circuits courts et l’origine, et soutenue par un fonds américain.
Une organisation portée par Prosol
Selon le site de l’enseigne, Grand Frais travaille avec plus de 700, puis plus de 800 producteurs français de fruits et légumes. Ces partenaires sont sélectionnés « au plus près des zones de production » et mis en avant pour leur respect des saisons, leur certification Haute Valeur Environnementale (HVE), et leur participation à un programme « Agir pour nos producteurs » financé par la plateforme MiiMOSA, pour soutenir l’agriculture locale.
Dans les magasins, la société Prosol, qui pilote l’approvisionnement, est décrite comme un groupement d’intérêt économique. Elle collabore avec environ 2 300 fournisseurs pour l’ensemble de ses produits. Rachetée pour plus de 4 milliards d’euros par le fonds américain Apollo Global Management, cette filière montre une organisation industrielle à grande échelle. La logistique repose sur des plateformes régionales et des livraisons quotidiennes, un modèle efficace mais très différent de celui d’un petit marché de village.
La limite du terme « circuit court » et la question de la proximité
Selon le ministère de l’Économie, la définition officielle d’un circuit court est une vente directe du producteur au consommateur, ou avec au maximum un intermédiaire. Aucun critère de distance n’est fixé. Ainsi, un légume peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres tout en restant, juridiquement, en circuit court.
De son côté, l’interprofession Interfel précise que le terme « local » n’a pas de définition réglementaire stricte. Par exemple, une barquette de fraises transportée de Bretagne à Nancy peut être en circuit court sans pour autant être considérée comme locale. Sur son site, Grand Frais cite par exemple des mandarines Orri provenant d’Afrique du Sud, en toute transparence, même si ces fruits ne peuvent pas être qualifiés de « local ».
Comment vérifier l’origine de ses fruits et légumes
Une grande partie des produits en rayon provient d’exploitations françaises, souvent situées dans la même région que le magasin, notamment pour les fruits de saison, comme les pommes, poires ou légumes. Cependant, l’origine réelle varie selon la saison, les quantités disponibles, et les contrats passés par Prosol avec ses fournisseurs.
Pour connaître précisément l’origine d’un produit, la meilleure méthode reste l’étiquette, obligatoirement encadrée par la DGCCRF. La loi impose d’afficher le pays d’origine pour chaque fruit ou légume vendu en l’état. Voici quelques conseils pour mieux s’y repérer :
- Rechercher la mention « Origine France », éventuellement précisée par une région ou un département ;
- Vérifier si la saison correspond à la production locale (par exemple, des tomates en hiver sont rarement françaises) ;
- Ne pas se fier uniquement aux slogans ou aux drapeaux, qui relèvent souvent du marketing ;
- Poser directement la question aux vendeurs, souvent capables de préciser la zone de production.
Face à un marché de producteurs ou à une AMAP, Grand Frais ne pratique pas la vente en circuit direct. Une partie de la valeur ajoutée reste dans la chaîne de distribution, gérée par Prosol et son actionnaire financier. Cela permet d’offrir un large choix, des horaires étendus et des débouchés stables pour de nombreux agriculteurs. Pour privilégier un mode d’achat plus local, certains consommateurs combinent différentes options : supermarché spécialisé, circuits courts, marchés ou produits de saison bien identifiés.



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