10 Français sur 100 pourraient avoir besoin d’aide alimentaire d’ici 2033
Une personne sur dix pourrait recourir à l’aide alimentaire d’ici dix ans
Une étude publiée ce lundi 5 octobre prévoit qu’environ 10 % de la population française pourrait avoir besoin d’aide alimentaire dans la prochaine décennie. Entre 2018 et 2025, le nombre de personnes accueillies par les Restos du Cœur a déjà augmenté de 37 %.
Ce phénomène traduit une montée de la précarité. Selon les chercheurs, une part importante de la population pourrait être concernée à l’avenir. Leur étude, intitulée « L’extrême pauvreté dans les pays riches : Analyse empirique sur données françaises », analyse plusieurs millions de données provenant des Restos du Cœur. Elle porte sur 5,5 millions de personnes ayant bénéficié au moins une fois de leur aide entre 2018 et 2025.
Les bénéficiaires sont en moyenne accompagnés pendant 18 mois. Seuls 14 % d’entre eux restent bénéficiaires pendant plus de trois ans. Ce renouvellement fréquent explique pourquoi un habitant sur dix pourrait faire appel à l’aide alimentaire dans la prochaine décennie.
Les jeunes en première ligne
Parmi les personnes aidées, 90 % sont sans emploi. Parmi elles, 3 % sont des étudiants, 10 % ont un handicap, et 11 % sont des retraités. En 2024-2025, une personne sur deux avait moins de 25 ans. De plus, 23 % des familles accompagnées sont monoparentales.
La précarité du logement est aussi très présente. Quatre personnes sur dix sont hébergées chez un tiers, en hébergement d’urgence ou sans domicile fixe. Parmi elles, près de 25 % sont des enfants de moins de 10 ans, contre 10 % dans la population générale. Ces enfants vivent principalement dans des familles monoparentales, souvent avec une mère seule.
Cette précarité résidentielle a augmenté de 62 % entre 2018 et 2025.
Facteurs économiques et sociaux favorisant la pauvreté
Les chercheurs ont étudié plusieurs facteurs comme le chômage, l’inflation et la disponibilité de logements sociaux pour comprendre ce qui pousse vers la grande pauvreté.
Ils estiment que l’inflation a été responsable de 52 % de la hausse du sans-abrisme depuis 2018. Une augmentation de 10 % du taux de chômage entraînerait une hausse d’environ 10 % de la précarité résidentielle et de 13 % de la précarité alimentaire.
En revanche, une hausse de 10 % du nombre de logements sociaux par habitant permettrait de réduire le sans-abrisme de plus de 8 %.
Bien que ces facteurs puissent limiter l’entrée dans la grande pauvreté, ils sont peu efficaces pour aider ceux qui y sont déjà. Les chercheurs soulignent l’importance d’un soutien précoce et ciblé pour ces personnes.



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