E.coli Mortelle dans l’Aisne : Six bouchers en examen

Un décès lié à une intoxication à l’E.coli dans l’Aisne en 2025 : six bouchers mis en examen

Plus d’un an après une vague d’intoxications alimentaires causées par la bactérie Escherichia coli (E.coli) dans la région de l’Aisne, un décès a été enregistré. Une fillette de 11 ans est décédée en juin 2025 au CHU d’Amiens. Six bouchers ont été mis en examen à Paris et placés sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire.

Initialement, dix bouchers avaient été placés en garde à vue. Après ces auditions, six ont été formellement mis en examen, en tant que gérants ou salariés. Les chefs d’inculpation incluent l’homicide involontaire, des blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à trois mois, la mise en danger de la vie d’autrui, la tromperie ayant mis en danger la santé humaine ou animale, le recel et l’abattage illicite d’un animal en dehors d’un abattoir, selon le parquet de Paris, confirmant une information de L’Aisne Nouvelle.

Ces personnes ont été placées sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction d’exercer en tant que boucher ou employé de boucherie. Toutefois, elles peuvent travailler dans la grande distribution, à condition de ne pas manipuler de viande nue. Elles doivent également respecter une interdiction de contact avec d’autres bouchers en garde à vue ou mis en examen. Les juges d’instruction du pôle santé publique du parquet de Paris ont été chargés de l’enquête depuis le 7 août 2025.

Un lien biologique confirmé avec une ferme suspecte

Selon L’Aisne Nouvelle, les investigations ont conduit les enquêteurs à une ferme située près de Saint-Quentin. Cette exploitation, fermée depuis plusieurs mois, aurait vendu une cinquantaine de moutons à l’occasion de l’Aïd. Certains de ces moutons auraient été abattus et découpés hors des circuits réglementaires, notamment dans des boucheries ou directement chez des particuliers.

En juin 2025, la région de Saint-Quentin a été frappée par une série d’intoxications à l’E.coli, recensant 32 cas au total. Parmi eux, une fillette de 11 ans est décédée, et plusieurs autres enfants, âgés de 11 mois à 12 ans, ont été hospitalisés dans différents centres médicaux, notamment à Saint-Quentin, Amiens, Lille et Reims.

Cette crise sanitaire a conduit à la fermeture préventive de six boucheries, dont plusieurs halal. Les autorités ont confirmé un lien biologique direct entre l’approvisionnement en viande de ces établissements et la contamination des malades.

Les investigations et leur complexité

Face à la gravité de l’affaire et au nombre de victimes, le parquet de Saint-Quentin a rapidement transféré l’enquête au pôle santé publique du parquet de Paris. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a expliqué que cette décision a été prise en raison de la technicité des investigations et du nombre de victimes.

Plusieurs familles de victimes, notamment celles des enfants touchés, ont porté plainte. Les parents de la fillette décédée ont été entendus par les juges d’instruction en septembre 2025. Le parquet a également précisé que d’autres parties civiles pourront être reçues pour faire avancer l’enquête et obtenir des réponses.

En juin 2025, la région de Saint-Quentin était sous tension, la population étant profondément choquée par ces événements. Une mère d’enfant, Mylaine Guillard, a déclaré ressentir une grande peur parmi les habitants.

Les variétés d’E.coli impliquées dans ces intoxications, notamment celles produisant des shigatoxines, sont généralement peu graves, provoquant des douleurs abdominales et des diarrhées. Cependant, dans certains cas, elles peuvent entraîner des complications graves, surtout chez les jeunes enfants et les personnes âgées.

Une des complications possibles est le syndrome hémolytique et urémique (SHU), une maladie qui peut provoquer une insuffisance rénale aiguë, de graves troubles sanguins, un coma, voire la mort. Plusieurs enfants touchés dans l’Aisne présentaient des symptômes de SHU.

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