Pourquoi les fruits bio sont-ils deux fois plus chers en grande surface
Une marge démesurée pour les fruits et légumes bio en grande surface
De nombreux consommateurs sont surpris de voir qu’une tomate bio peut coûter presque deux fois plus cher qu’une tomate conventionnelle. Selon une étude de l’association de consommateurs Que Choisir Ensemble, cette différence s’explique par des marges plus élevées pratiquées par la grande distribution sur le bio. En effet, pour un même panier, la marge brute sur le bio est en moyenne 81 % plus importante que sur le non bio. Cela contribue à rendre le prix final plus élevé.
Quel impact sur le budget des ménages ?
Selon l’étude, si un ménage décidait d’acheter exclusivement des fruits et légumes bio, son budget annuel augmenterait de 272 euros, passant de 460 à 732 euros. Sur cette somme supplémentaire, seulement 38 % reviendraient directement aux agriculteurs, tandis que 57 % alimenteraient la marge de la distribution. La question se pose alors : où va réellement chaque euro entre la ferme et le rayon ?
Les chiffres clés de l’étude
L’analyse concerne un panier type de 24 fruits et légumes, vendus en grande surface en 2025, en version bio et conventionnelle. Les prix proviennent du Réseau des Nouvelles des Marchés, le service statistique du Ministère de l’Agriculture. La marge brute est calculée comme étant la différence entre le prix payé au producteur et celui payé en caisse, incluant les coûts de l’enseigne et son bénéfice.
Selon l’Observatoire de la formation des prix, pour un panier de légumes conventionnels, environ la moitié du prix payé par le client correspond à la marge brute des acteurs de la chaîne, allant du producteur au distributeur. Ce pourcentage, qui tourne autour de 50 %, a légèrement diminué depuis 2017.
Une surmarge importante sur le bio
Le prix payé aux agriculteurs pour le bio est en moyenne 57 % plus élevé que pour le conventionnel. Pourtant, la marge pratiquée par la grande distribution sur le bio est bien plus importante, atteignant 81 % de plus que pour le non bio. Sur certains produits comme la pomme ou le poireau, la surmarge pourrait même atteindre 185 %, selon les calculs relayés par Le Dauphiné Libéré.
La Commission d’enquête du Sénat parle de « péréquation des marges » : les produits bruts, souvent bio, supportent des marges très élevées, tandis que les produits très promotionnés comme les biscuits ou sodas ont des marges faibles. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) conteste ces chiffres, évoquant les coûts logistiques et les invendus, mais le Sénat cite des marges pouvant atteindre 40 % sur les fruits frais et 67 % sur les légumes.
Circuits courts : une alternative plus juste
Selon une autre étude du Sénat, en circuits courts, comme chez les producteurs locaux, le prix des fruits bio est en moyenne 17 % inférieur à celui des supermarchés, et celui des légumes 4 % moins cher. Cela limite le surcoût du bio à environ 12 %. Ces circuits plus courts permettent une répartition plus équitable des marges entre agriculteurs et distributeurs.
Comment consommer bio tout en maîtrisant son budget ?
Pour acheter du bio sans faire exploser ses dépenses, il est conseillé d’acheter en saison, de privilégier les légumes entiers plutôt que déjà lavés ou découpés, et de comparer les prix au kilo. Il est aussi possible d’utiliser les fanes, épluchures et restes pour faire des soupes ou des poêlées. La consommation régulière de fruits et légumes est recommandée pour une alimentation équilibrée. Comprendre où va l’argent permet de faire des choix éclairés sur le lieu d’achat et la part de bio adaptée à son budget.



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